Historique du RSFQ
Comme la profession de sage-femme plonge ses racines au creux de l’histoire, il est difficile d’en dépeindre toutes les ramifications.
Nous retraçons ici brièvement l’évolution de la profession au Québec depuis les quarantes dernières années.
En 1970, il s’amorce au Québec un mouvement critique envers la pratique obstétricale et la surmédicalisation. Les accouchements se déroulent alors de façon passive, ce qui est dû à l’usage de l’anesthésie générale, pratiquée sur de 37% à 89% des femmes, selon les régions.
Du coup, des femmes décident d’accoucher à la maison, souvent seules, mais parfois guidées par des femmes aptes à les aider. De façon autodidacte ou empirique, certaines de ces praticiennes sont devenues celles que nous nommons aujourd’hui sage-femme.
En 1980, L'Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) organise des colloques « Accoucher ou se faire accoucher » dans toutes les régions du Québec, mobilisant environ 10 000 personnes. Deux recommandations importantes sont énoncées : la légalisation des sages-femmes et la mise sur pied de maisons de naissance.
En 1982, les sages-femmes québécoises se regroupent.
En 1983, le Comité interministériel sur les sages-femmes, présidé par le ministère de l’Éducation du Québec, recommande de légaliser la pratique des sages-femmes.
En 1986, les sages-femmes fondent L’Alliance québécoise des sages-femmes praticiennes (AQSFP). Elles organisent la pratique, se donnent des standards de pratique, un code de déontologie, des dossiers, un comité de plaintes et discipline, une procédure de révision par les paires, etc. Elles structurent non seulement la pratique sage-femme mais posent aussi les bases d’organisation de leur profession.
En 1986, la Commission Rochon reconnaît la pertinence d’intégrer les sages-femmes dans le réseau public québécois de la santé.
En 1990, la loi 4 permettant l’expérimentation de la pratique sage-femme dans des projets pilotes, est adoptée à l’unanimité à l’Assemblée nationale. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) invite les centres de santé et les centres locaux de services sociaux (CLSC) à présenter des projets pilotes de pratique sage-femme.
Deux comités ministériels, soit le Comité d’admission à la pratique sage-femme et le Comité d’évaluation des projets-pilotes, travaillent à l’évaluation des sages-femmes et des projets-pilotes.
En 1995, après plus de quinze années d’activité, l’Alliance québécoise des sages-femmes praticiennes (AQSFP) se dissout pour ensuite fonder le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ).
En 1998, le gouvernement publie les recommandations ministérielles demandant la légalisation des sages-femmes et le développement de la pratique dans les différents lieux de naissance (domicile, maison de naissance et hôpital).
En 1999, l’adoption de la Loi sur les sages-femmes est enfin votée. On reconnaît officiellement les sages-femmes comme des professionnelles autonomes au Québec. C’est cette même année que débute la formation universitaire pour les sages-femmes à l’Université du Québec à Trois-Rivières.
En févier 2004, une première entente est signée entre un centre hospitalier (hôpital Lasalle) et une maison de naissance (maison de naissance Lac Saint-Louis), permettant ainsi aux femmes d’accoucher à l’hôpital accompagnées par une sage-femme.
En juin 2004, Le MSSS signe une entente avec le RSFQ.
En 2005, les assurances professionnelles permettent désormais aux sages-femmes d’aller assister une femme à son domicile.
En 2008, le MSSS publie une politique de périnatalité.
En 2009, les sages-femmes fêtent les dix ans de présence légale au Québec.
En avril 2009, le RSFQ conclut une entente de service avec la Confédération des syndicats nationaux (CSN) afin de bénéficier de l’expertise de la Fédération des Professionnèles et de l’appui des Conseils centraux de la CSN.
En 2010, le Regroupement Les Sages-femmes du Québec fête ses 15 ans d'existence!! |